16/03/2017

Etna Marathon Tour, Sicile (21 au 25/09/2016)

Pour la seconde fois cette année, je me rendais à l’étranger afin de participer à une course par étape.  Cette fois c’était en Sicile et avec Alexis Matthys, un nom bien connu dans le monde du vtt belge, et aussi un coureur des blancs gilets et surtout un ami/adversaire de longue date.  Nous voilà donc réuni et embarqué dans une aventure qui va durer pendant 5 jours.  Au menu, un prologue, trois étapes et un jour de repos.  Le tout sur les versant du Mont Etna, le volcan le plus haut d’Europe encore actif.  Les inscriptions étaient limitées à 50 équipes, mais malheureusement, nous serons que 19 équipes au départ.  Petit comité donc, ce qui voudra aussi dire, peu de bikers sur les sentiers.

Et la pasta party, quant à elle, commence déjà la veille avec un bon repas copieux.

 

Prologue

Aujourd’hui, on commence avec le prologue.  Le ciel est nuageux laissant apercevoir quelques éclaircies, et notre heure de départ et 15h09.  Un départ toutes les minutes.  Au menu, rien de moins que l’ascension du Mont Etna, 10 km pour 1000m de D+.  Nous voilà sur la ligne de départ.  Le décompte commence, et au « top », on se lance à l’assaut de l’Etna.  Et ça commence par une partie très raide.  Après une petite partie plus rapide, on repart sur du raide.  Le sentier est large, et on cherche en permanence la meilleure trace, car le sol est vraiment instable.  On roule sur des petites pierres de laves, tel des graviers parsemés sur un sol dur, où chaque coup de pédale trop brusque peut faire déraper la roue arrière.  Plus au monte, plus on se rapproche de certains team, mais plus le vent est fort.  Celui-ci nous pousse vers les côtés, et lorsqu’on tente de se redresser afin de se recentrer sur le sentier et d’y rester, c’est le pneu avant qui a tendance à décrocher.  À deux reprises je devrai mettre pied à terre à cause du vent.  Entre temps on progresse lentement, mais surement, tout en maintenant un bon rythme.  Et derrière, les équipes les plus fortes arrivent comme des formules 1 !

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Ils nous dépassent, et s’accroché n’est pas une option.  Ils vont bien trop vite.  Après 5,4 km, on sera surpris de voir l’arche de l’arrivée !  L’étape a été écourtée suite aux conditions météo.  Finalement on aura eu 5,4 km pour 640 m de D+ en 46 min. Les premiers mettront un peu plus de 33 minutes !  Le ton est donné et on se classe 10ième scratch, 9ième master1. (Distance: 5,4; Durée: 00:44; Moyenne: 7,4 km/h; D+: 633m)

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Etant à mi-chemin entre le refuge et le sommet, on décide de continué à monter.  Comme on avait donné un sac avec vestes pour pouvoir se vêtir d’une couche supplémentaire à l’arrivée, on prendra le sac et nous voilà parti.  Et visiblement, on ne sera pas les seuls à le faire.  Le paysage, qui jusqu’ici se montrait très arides éparpiller de gros blocs de pierres formé pas les coulées de laves, se transforme en un paysage lunaire.  Un sentier damé, serpente à travers la couche de cendre qui recouvre le Mont Etna.

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D’un côté, un cratère, de l’autre le vide caché par les nuages, et derrière nous, une vue sur la Sicile à couper le souffle !

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Alors qu’on arrive à 3000m d’altitude, le vent est pinçant et il fait glacial.  Le chemin est interrompu par une corde et une pancarte interdisant le passage.  On continuerait bien tout droit, mais le sentier qu’on emprunte s’engouffre dans les nuages quelques dizaines de mètres plus loin.  On monte alors sur le cratère qui se trouve sur notre gauche, on fait le tour, prenons quelques photos et profitons brièvement de la vue, du calme et la solitude, car on a l’impression d’être au bout du monde.

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Lorsqu’on veut repartir, une épaisse couche de nuage vient cacher le sentier.  La vue réduite, on décide tout de même de continué le tour du cratère, et lorsque cela se dégage subitement, un groupe d’une vingtaine de touriste se dresse devant nous, comme s’il venait de descendre des nuages.  On sera content d’entamer la descente, car le froid se fait vraiment sentir.  Que voulez-vous, avec même pas 5 degrés !  Deux bikers Italiens nous invitent à faire un peu de hors-piste.  On n’hésitera pas, et quelle sensation.  On a l’impression de flotter sur le sol laissant derrière nous un nuage de poussière.  Tour simplement magique.  La seconde partie se fera par la même trace par laquelle nous sommes montés avec les virages qui se prennent à la limite de l’adhérence. Ensuite on retrouve notre petite famille, on prend une douche et après le briefing, c’est le pasta party.

 

Première étape : Rifugio Sapienza – Rifugio Sapienza.

Le lendemain, c’est la première étape.  Les 3 premiers km seront neutralisés afin de ne pas prendre de risque dans la descente sur route.  À l’entrée du sentier off road, le peloton se voit arrêté sous l’arche de départ.  On nous appelle respectivement sur la ligne de départ en fonction du résultat du prologue et ensuite, on s’élance pour 57 km et 1700m de D+.

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L’étape commence par 10 km de descente. Du moins à profil descendant, car on aura tout de même quelques faux plat montant.  Très vite, on est lancé sur un sol rocailleux, sol créer par les coulées de laves.  Un premier single track technique vient déjà mettre notre agilité à l’épreuve.  Ensuite une petite boucle alternant single et sentier large dans un bois de pinèdes.

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Les pièges, les pommes de pins au sol qui n’hésite pas à nous piéger provoquant de petite perte d’équilibres.  Avec une autre équipe, on forme un petit groupe de 4.  Étant en tête du groupe, voilà que je me trompe et que je pars sur une descente bien technique sur une énorme plaque de roche bien lisse parsemé de trou.  Ma roue avant vient à se bloquer et c’est le soleil.  Heureusement sans gravité.  Ensuite, plus de chemin et c’est là qu’on se rendra compte qu’on s’est trompé.  C’est la seconde fois que le fléchage fait défaut alors qu’on a effectué que 6 km.  Ensuite petite portion de route où notre petite famille nous encourage et entre temps, on reprend les équipes qui nous avaient dépassé lorsqu’on s’était trompé.  Ensuite on aura 7 km de cote traversant la forêt et les coulés de laves impressionnantes.  Au sommet, on passera entre deux monts avant d’entamer quasi 15 km de descente.  Une descente dans le même type de décors, rapide mais où chaque virage nous tend un piège.  Si ce n’est pas les pierres qui nous font flotter sur le sol, c’est parfois des amas de cendres qui rendent le sol mou risquant ainsi la perte de contrôle.  Alexis me le répètera assez souvent de rester prudent et vigilant.  On slalome entre les monts de forme circulaire et la vue sur la Sicile s'ouvra à nous lorsqu’on sort des forêts.  L’équipe derrière nous nous dépasse comme des avions et je me dis qu’il faut les suivre.  Quelques centaines de mètres plus loin, les voilà obligé de s’arrêter du à une crevaison.  Une équipe devant nous sera également victime d’une crevaison et serons au ralenti dans la descente.  Après avoir contourné le Mont Minardo, on s’attaque à 10 km de côte commençant par la traversé le bois du Centorbi.  Notre route croisera bon nombre de cueilleurs de champignons.  La côte est assez régulière et après un dernier slalome entre quelques Monts, on arrivera au dernier ravitaillement.  On continue sur un long faux plat descendant nous conduisant à travers une coulée de lave avant d’être à nouveau confus par le fléchage.  Une banderole arrachée, flèche retourné, et pourtant on a rien vu.  Je sais qu’on revient par où on est parti, mais n’ayant pas de réception GPS a cette endroit, j’ignore si on est sur le retour ou pas.  On continue néanmoins et un peu plus loin on se rendra compte qu’on est bon.

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On terminera par 6 km à travers la forêt et à l’arrivé, on sera accueilli par notre petite famille. L’ente entre Alexis et moi et bon et on se complète bien.  On terminera 5ième dans notre catégorie et 6ième scratch.  (Distance: 56 km; Durée: 03h12; Moyenne: 17,5 km/h; D+: 1535m)

 

Seconde étape.

La seconde étape nous conduira de Rifugio Sapienza – A Milo en effectuant un demi-cercle autour de l’Etna.  Une étape à profil descendante.  Le départ se fera comme hier et au même endroit.    Par contre, aujourd’hui, il tombe un petit crachat qui arrêtera de tomber juste avant le départ.  Je prendrai mon body warmer avec en cas où il devrait pleuvoir, car ils annoncent de la pluie.  Une fois le départ donné, on emprunte le même sentier et le même single track qu’hier.

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Ce dernier avec la pluie se montre un peu plus glissant et mettrai pied à terre lors d’un passage technique.  Ensuite, on s’attaque à 6 km de faux plat montant à travers les coulées de lave.  Très vites les 5 premières équipes ont pris le large et nous, on s’éloigne petite à petite de nos poursuivant.  Ensuite, 17 km de descente.  Le pied.  Une descente rapide, sinueuses, mais où il faut également rester attentif, car les pièges sont les même qu’hier et il ne faudrait pas crever lorsqu’on passe sur des roches de laves.  Après cette longue descente, on aura le ravitaillement.  Après un bref arrêt on repart, et on voit une équipe pas très loin de nous.  On repart ensuite sur 10 km de côte dont les 2 premiers km seront assez raide.  La suite sera plus douce mais irréguliers.  Après une petite partie plus roulante, nous arrivons au dernier ravito.  Ensuite on continue sur un single avant de reprendre un sentier plus large enchainant les petites côtes tape-cul où à chaque fois que nous atteignons le sommet, on pense pouvoir se lancer dans la dernière descente.

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Entre temps, un coureur est à pied rebroussant chemin suite à un problème mécanique.  Ensuite on se lance dans un beau single traversant une coulée de lave.

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Ce single est splendide, car il nous fait slalomer entre les énormes blocs de laves.

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Mais ce n’est qu’un avant-goût du final. 10 km de descente, sur un single boisée, parsemé de virage large agrémenté de quelques passages technique, mais le tout restant abordable en vélo et relativement rapide.

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Les organisateurs nous avaient prévenus que c’était du tout beau, on ne peut que confirmer.  Au final, on termine 5ième scratch et 4ième élite après l’abandon de deux équipes devant nous.  Entre temps notre duo fonctionne bien et on se complète très bien.  (Distance: 59 km; Durée: 03h03; Moyenne; 19,4 km/h; D+: 1250)

Jour de repos

Pour ce jour de repos, avec Alexis, Amélie et Katty, on décide de fuir le mauvais temps.  Il fait gris, froid et la pluie est annoncé.  Après un coup d’œil sur la météo Sicilienne, le soleil devrait être présent  au Nord de Catane ainsi qu’une température bien plus estivale.  On décide donc de se rendre à Messine, ville portuaire face à la pointe de la botte de l’Italie.  Après une bonne heure de route, on retrouve le soleil et 30° !  Nous poserons nos essuie sur une petite plage situé au bien au calme avec une vue assez agréable.

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On y passera la matinée, et après avoir mangé une bonne pizza, on ira se promener dans la ville.  Après un passage près du port où nous serons bluffé par la grandeur d’un ferry, on quitte les berges de la côte pour s’engouffré dans la ville.  On flâne dans la rue le long des églises, site historique et une galerie vidé de commerce pourtant que je trouvais encore assez jolie avant de prendre de la hauteur.  Le haut de la ville est tout de même plus joli.  Deux églises surplombes la ville et les terrasses nous donnent une vue magnifique sur la ville entière et son port.IMG_0028_1_1.JPGIMG_0026_1_1.JPGIMG_0053_1_1.JPG

Après le départ du fameux bateau de croisière, on redescend direction place Del Duomo.  Après un dernier verre sur une terrasse, une dernière petite photo s’impose avant de reprendre la route direction L’Etna où parait-il il n’a pas arrêté de pleuvoir de toute la journée. 

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Cette bonne journée entre amis se terminera dans un resto où on  peut dire que les Italiens sont bruyant ;-)

 

Troisième étape.

Après un jour de repos et plus de 24h de pluie diluvienne, on se rendra sur la ligne de départ à 08h42, quelques minutes avant le départ qui devait être à 08h45.  A 9h, partent les bikers venu participer au marathon d’un jour.  Ils étaient 1200 inscrits, seul 600 sont venus affronter la pluie.  08h45, toujours rien.  Il pleut des cordes, et au final, je commence à être trempé et ne sais pas si je dois mettre ma veste ou rester en body warmer.

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De plus l’envie d’aller au toilette me prend, mais plus le temps, car on devait déjà être en route, mais ça ne bouge pas trop.  On apprend que les organisateurs sont occupé à voir pour maintenir l’épreuve marathon de 75 km, ou de l’annulée et de ne faire que le « granfondo » de 46 km.  Le verdict tombe, on ne fera que les 46.  Sur le moment même je me sens soulagé de ne faire que 46km, mais à l’arrivée, j’en penserai tout autre.  Car on n’aura pas eu froid, et le terrain était roulant et très praticable avec très peu, pour ne pas dire pas, de boue.  Tout simplement étonnant !  Le départ est finalement donné à 09h05, et les autres partiront une minute après nous.  Et cela part très vite.  Les premiers kilomètres se font sur route, et on arrive à accroché les hommes de têtes.  Et à peine le petit groupe lâché, les avions Italiens parti une minute après nous, nous reprenne.  Je saute dans les roues, et on refait à nouveau la jonction avec le groupe de tête, mais dès que la pente s’incline un peu plus, on ne sera plus capable de suivre.  Du coup on tente de trouver notre rythme, mais quand tu ne cesses de te faire reprendre, c’est un peu difficile.  Après 5 km de côte, ça se stabilise et on sera sur une partie plus roulante et plate.  2 coureurs se trouvent isolé devant notre petit groupe ou je roule en tête.  J’accélère pour aller reprendre les deux, mais derrière cela ne suis pas et je baisse le rythme alors que les 2 sont à portée de main.  Une énorme flac d’eau sur tout la largeur du chemin viendra faire chuter les deux coureurs devant moi pour une raison inconnu.  Je freine, et hésite un peu, surtout qu’au moment de leur chute, avec les éclaboussures de l’eau ils disparaissent un instant.  Je réintègre le groupe et nous voilà parti.  Notre duo fonctionne à nouveau très bien et on entame ensuite notre première côte off road, bon pour 7 km de côte.  A quelques centaines de mètres du sommet, le ravitaillement et la meute de supporteurs encourageant les bikers.  On se croirait presqu’au sommet d’un col du tour de France.  Il faut faire attention aux spectateurs, et il y en a qui n’ont pas peur de courir à côté des coureurs pour les encourager.  Ensuite on emprunte une tout petite partie du single d’hier avant de grimper à nouveau.  En règle générale on reste dans les roues de notre petit groupe et la progression est bonne.  Alexis ayant un peu dur, demandera de baisser le rythme d’un petit cran, ce qu’on ferra.  Cela n’aura aucun impact, car notre petit groupe reste soudé.  On aura ensuite le bonheur de reprendre le même single track qu’hier, notamment celui traversant la belle coulé de lave.  Cette fois on le fait en sens inverse, et avec la pluie, l’adhérence et meilleur.  Alors qu’ensuite on atteint petit à petit le point culminant de l’étape, les coureurs disparaissent dans les nuages.  Après 6 km de descente sur un sentier large, sinueux sur un sol variés alternant terre humide et débris de laves, on s’attaque à la dernière côte de 6 km.  Cette fois, c’est moi qui ai un peu de mal et sur la fin, j’ai le souffle coupé suite à une pointe qui m’empêche de respirer correctement.  Pas d’arrêt au dernier ravitaillement et le final est connu, le même single track que vendredi.  10 km de bonheur.  Alexis m’ayant un peu distance, un biker à l’arrêt se jette entre nous.  Celui-ci est lent, et impossible de le dépasser.  Puis le sentier se scinde en deux pour redevenir qu’un un peu plus loin avant un beau drop.  Il part à gauche, moi à droite et je lui signale.  Par contre, j’arrive un peu trop vite pour le drop et malgré que je touche l’arbre me faisant perdre l’équilibre, je reste sur le vélo et je m’en sors en me faisant une grosse frayeur.  Sur les parties roulantes, Alexis fonce, et je m’accroche.  On reprendra encore un dernier biker  qui terminera entre nous.  (Distance: 44 km; Durée: 02h33; Moyenne: 17,2 km/h; D+ 790m)

Etna Marathon Tour s’arrête ici avec une 4ième place en élite aujourd’hui et 5ième scratch, tout comme au classement général.

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Cela fut une belle et bonne aventure se terminant par la pasta parti à l’arrivée.  Merci à Alexis pour cette belle aventure, et à Amélie, Katty et Thibo  pour les encouragements.

18:35 Écrit par Camille dans Course vtt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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